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Kiwior – Bednarek: de seconds couteaux à mur polonais du Dragão

  • Photo du rédacteur: Jo
    Jo
  • il y a 11 minutes
  • 4 min de lecture

La renaissance de Jakub Kiwior et Jan Bednarek au FC Porto ne s’est pas faite dans le fracas, mais dans le silence obstiné des cages inviolées. À l’Estádio do Dragão, là où l’exigence est permanente et la mémoire collective nourrie de grandes nuits européennes, deux défenseurs polonais ont reconstruit leur statut loin des doutes qui les accompagnaient encore quelques mois plus tôt.


Quand Jakub Kiwior arrive au Portugal à l’été 2025, son parcours récent raconte une trajectoire contrastée. À Arsenal, le défenseur formé en Italie a connu des séquences de titularisation, notamment au printemps précédent, mais aussi de longues périodes d’attente. Il a disputé un peu moins de 70 matchs sous le maillot londonien, sans jamais s’imposer durablement comme un indiscutable. À 25 ans, il choisit alors un club qui lui garantit une chose devenue essentielle : la continuité. Le FC Porto, dirigé par Francesco Farioli, perfectionniste assumé de l’organisation défensive, lui offre ce cadre.


Jan Bednarek, lui, arrive au Dragão avec un bagage différent mais tout aussi lourd. Longtemps exposé en Premier League avec Southampton, il a traversé une relégation douloureuse et des critiques persistantes, en club comme en sélection. À Porto, le contexte change radicalement. Le Polonais retrouve une défense ambitieuse, tournée vers la domination territoriale, où l’erreur n’est pas tolérée mais où la confiance est accordée à ceux qui respectent le plan.


Le lien entre les deux hommes ne date pas du Portugal. Ils se connaissent depuis l’équipe nationale polonaise, partagent une culture défensive commune et une communication fluide, immédiatement perceptible pour les observateurs portugais. Dès les premières semaines, les médias parlent d’un duo installé, pensé comme une pièce centrale du projet sportif. Ils s’accordent rapidement sur un point : Porto a trouvé sa charnière.


crédit: Maja Hitij - FIFA - Getty Images


Les chiffres viennent appuyer ce ressenti. Après 27 matchs toutes compétitions confondues, le FC Porto n’a encaissé que 13 buts. En championnat, le bilan est encore plus frappant : 17 rencontres, 16 victoires, un match nul, pour seulement quatres petits buts concédés.

Sur les 12 matchs Kiwior et Bednarek ont disputés ensemble en championnat, à dix reprises, les Dragons ont quitté le terrain sans encaisser le moindre but.


Le match nul contre Benfica, au début du mois d’octobre 2025, marque un tournant symbolique. Dans un classique de la ligue portugaise décrit comme un “jeu d’échecs” par les commentateurs, Bednarek reçoit la meilleure note côté porto, tandis que Kiwior suit de près. Les journalistes parlent de “généraux” de la défense, soulignant leur capacité à contrôler l’espace et à couper les circuits offensifs adverses. Benfica se procure peu d’occasions franches, la plus proche du but provenant ironiquement d’un dégagement malheureux de Kiwior sur sa propre barre transversale.


Cette solidité n’est pas seulement collective. Individuellement, Kiwior s’impose par une rare discipline défensive. Après 19 matchs disputés avec Porto, il n’a reçu aucun avertissement. Son nombre de fautes reste très faible, y compris en Ligue Europa, où le niveau d’opposition est plus élevé. Les médias portugais louent son élégance, sa précision dans la relance et son calme constant, qualités devenues centrales dans le système de Farioli.


Bednarek, de son côté, est reconnu pour son leadership. En novembre, il est élu défenseur du mois en championnat portugais. Son jeu rappelle à certains observateurs celui de Sebastian Coates, ancien pilier du Sporting, notamment dans sa capacité à guider le bloc et à communiquer avec ses partenaires. À Porto, il ne se contente plus de défendre : il participe à la construction, se projette sur coups de pied arrêtés et s’impose comme un relais naturel de l’entraîneur sur le terrain.


Je ne peux que sourire et vous remercier pour la comparaison, mais je préfère continuer à être Kuba Kiwior, et mon collègue Jan Bednarek. Nous construisons notre propre position, à la fois en équipe nationale et au sein du club. Pour l’instant, ça se passe bien et ça ira encore mieux - Jakub Kiwior

En Ligue Europa, le duo passe un test majeur face au Red Bull Salzbourg. Porto s’impose 1-0, au terme d’un match intense. Kiwior est désigné homme du match par plusieurs plateformes statistiques, affichant une domination nette dans les duels, les interceptions et la qualité de passe. Bednarek n’est pas en reste, proche même d’inscrire un but refusé pour une faute préalable. Après quatres matchs joués ensemble, la charnière affiche trois clean sheets pour un seul petit but encaissé lors de la derniére journée face à Malmö.

Le seul accroc pour le FC Porto dans cette compétition restera le match à Notingham Forrest, perdu 2-0 par les dragons face au 17e de Premier League.


La presse portugaise va jusqu’à parler de “mur polonais”, une expression reprise par les supporters et les réseaux sociaux du club. Porto accompagne cet engouement en publiant des contenus en langue polonaise, notamment lors de la fête nationale du 11 novembre, renforçant encore le lien entre les joueurs et le public.

Coté polonais, Kiwior et Bednarek ont été comparés au duo italien mythique formé par Giorgio Chiellini et Leonardo Bonucci, rien que ça...

Les joueurs, eux, tempèrent ces éloges, rappelant systématiquement l’importance du collectif.


crédit: Getty Images


Derrière cette reconnaissance médiatique se dessine une véritable renaissance sportive. Pour Kiwior, Porto représente bien plus qu’un prêt coûteux assorti d’une option d’achat : c’est un environnement où il est devenu une référence du championnat.

Pour Bednarek, c’est un soulagement après des saisons marquées par le doute, et la preuve qu’il peut redevenir un défenseur de haut niveau dans un club qui joue pour gagner.


Vint le mercato d'hiver 2026 et le retour au club de la légende brésilienne Thiago Silva, revenu au club 20 ans plus tard pour prouver qu'il peut gagner sa place dans le groupe du Brésil pour la coupe du monde 2026. Le mur polonais saura t'il rester solide et profiter de l'expérience du Brésilien pour aller voir encore plus haut?


Au fil des mois, le duo Jakub Kiwior / Jan Bednarek s’est imposé comme l’un des fondements de la domination du FC Porto sur la saison 2025-2026. Sans promesses grandiloquentes, sans gestes superflus, ils ont bâti leur réputation sur la rigueur, la constance et la compréhension mutuelle.

À Porto, leur renaissance ne fait désormais plus débat : elle est inscrite dans les résultats, les chiffres et le respect unanime du football portugais.

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