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Varsovie, Białystok et l’Europe : itinéraire d’un jeune numéro un polonais

  • Photo du rédacteur: Jo
    Jo
  • 25 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Quand il évoque son enfance, Sławomir Abramowicz remonte en pensée aux rues de Varsovie, où il est né le 9 juin 2004. Là, à huit ans, avant même d’avoir appris à plonger dans ses cages, il apprenait à tenir un violon. Les journées se partageaient entre le rectangle vert et les partitions. Il le dit sans détour : pendant longtemps, le sport et la musique eurent la même importance. Pourtant, l’histoire retiendra le football.


Avant de devenir le gardien numéro un d’un champion de Pologne, Abramowicz a dû, comme tant d’autres, commencer loin des projecteurs. Jusqu’en 2016, il porte le maillot de Victoria Sulejówek, avant de rejoindre l’Escola Varsovia. Un premier parfum d’exigence. En août 2021, Adrian Siemieniec – sans encore mesurer l’importance de ce moment – finira par miser sur lui. Mais tout cela restait encore très loin.


La musique est un tremplin pour moi, surtout dans les moments difficiles - Sławomir Abramowicz

Le premier vrai saut professionnel intervient le 1er juillet 2020 : le Polonia Warszawa l’accueille dans ses rangs seniors. Quelques mois plus tard, le 10 octobre, il débute sous ses nouvelles couleurs, garde sa cage inviolée et participe à une victoire 3–0 face au KS Wasilków. Treize matchs plus tard, et six clean sheets en poche, il attire des regards. Le 23 août 2021, il quitte la capitale pour le nord-est du pays : Białystok l’attend.


credit: kspolonia.pl


Au Jagiellonia Białystok, il découvre la rudesse d’une nouvelle étape. Son premier match avec la réserve, le 8 septembre 2021, se termine par une défaite 0–1. Neuf jours plus tard, il efface cette tache en gardant ses cages inviolées face au Sokół Aleksandrów Łódzki.

Il jouera quarante-quatre fois avec cette réserve, onze fois sans encaisser de but. La constance convainc. Le 1er septembre 2022, Abramowicz fait ses premiers pas avec l’équipe première, en Coupe de Pologne, et scelle déjà une victoire – 0–1 face à Odra Opole, encore avec une cage intacte.


Il faudra attendre la saison 2024/25 pour que le gardien de deux mètres devienne finalement numéro un.

Le gardien champion de Pologne part pour Chypre, et à seulement 20 ans, Abramowicz est titularisé d’entrée, et son année parle d’elle-même : cinquante-quatres matchs, soixante-deux buts encaissés et dix-sept clean sheets. Suffisamment pour annihiler la concurrence de Maksymilian Stryjek, recruté au même moment.


J’ai suivi plusieurs années de formation à l’école Escola Varsovia de Barcelone et la « Fierté de la Catalogne » me tient à cœur. C’est un club que de nombreux Polonais ont regardé, surtout ces dernières années grâce à Robert Lewandowski et Wojciech Szczęsny. Enfant, j’admirais Iker Casillas, une légende du Real Madrid - Sławomir Abramowicz

Le Jagellonia annoncera sa prolongation, jusqu’en 2028. Une confiance qui n’est pas donnée, mais gagnée.

Abramowicz incarne la nouvelle génération polonaise : exigeante, lucide et tournée vers le long terme. Il l’affirme dans la presse : « Je suis très exigeant envers moi-même. Je peux me donner neuf sur dix pour la dernière saison. » Le Jagellonia, longtemps en course pour défendre son titre, termine finalement troisième, mais atteint aussi les quarts de finale de la Conference League.


Le jeune portier découvre l’Europe, affronte le Betis Séville, et tombe amoureux de la Liga. Son rêve se précise : peut-être l’Espagne, peut-être l’Angleterre. « La Premier League et la Liga sont le berceau du football. » La rumeur l’envoie déjà en France ou en Italie. Lui reste calme : pas de transfert sans vision claire.

Son mot-clé, aujourd’hui comme hier, reste le même : développement.


credit: Kamil Swirydowicz / Cyfrasport


Dans sa chambre, le violon n’a jamais disparu. Il raconte qu’après les matchs, quand la tension demeure trop vive, il écoute, joue, respire. La musique sert d’exutoire, dit-il, de tremplin pour survivre à la tempête des saisons professionnelles. Il n’est pas rare de le croiser à un concert, comme celui de Leszek Możdżer. Il observe, écoute, se laisse pénétrer par d’autres émotions. Puis revient au terrain.


On le voit s’avancer, gant serré, regard fixe, au bord de ce qui pourrait n’être qu’un début.

Quatre saisons au Jagellonia l’ont forgé, la première en tant que numéro un l’a révélé. L’histoire dit qu’il a choisi le football. Mais ceux qui savent assurent que la musique, elle, ne l’a jamais quitté.


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