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Łukasz Piszczek — L’histoire d’un enfant de Goczałkowice devenu légende

  • Photo du rédacteur: Jo
    Jo
  • 27 nov. 2025
  • 4 min de lecture

Alors qu'il vient de debuter sa carrière d'entraineur professionel (défaites 2-1 avec le GKS Tychy au Stal Rzeszów et 6-1 au Miedź Legnica), retour sur la carrière de Łukasz Piszczek, enfant de Goczałkowice-Zdrój, devenu l'une des légendes du football Polonais.


Il y a dans le football des trajectoires discrètes, presque silencieuses, mais qui laissent une empreinte indélébile. Celle de Łukasz Piszczek appartient à cette catégorie. On raconte qu’il aurait pu jouer pour le Real Madrid, peut-être même pour le Barça. Mais s’il est un maillot qu’il n’a jamais cessé de porter avec un mélange de fierté, de loyauté et d’humilité, c’est celui de la Reprezentacja.

Et l’histoire commence bien loin des projecteurs.


Quand son père, Kazimierz, entraîneur du petit LKS Goczałkowice, l’emmène aux entraînements à 7 ou 8 ans, tout le monde voit immédiatement qu’il est “différent”. Il dépasse ses camarades d’un, parfois deux ans en vitesse, en coordination. Un jour, en jeunes, il marque huit buts dans un seul match contre le Stadion Śląski.

À l’adolescence, il rejoint le Gwarek Zabrze, pépinière de talents. Là encore, il marque, encore et encore. Jusqu’à devenir en 2004 meilleur buteur de l’Euro U19, alors que la Pologne quitte le tournoi au premier tour. Un exploit rarissime.

Personne n’imagine alors que ce buteur deviendra l’un des meilleurs… arrière droits du monde.



En 2004, le Hertha Berlin le recrute. Il n’a même pas 20 ans. Mais le jeune Piszczek est trop frêle : on se moque gentiment de lui en l’appelant “Hercule”, l’ironie d’un gamin maigre comme un piquet.

Il est envoyé en prêt au Zagłębie Lubin, où il découvre la vie professionnelle, la lutte, les ambitions. Il joue ailier ou attaquant, participe au titre de champion de Pologne en 2007… mais cette période reste marquée par une affaire sombre : un match arrangé contre le Cracovia en 2006.

Jeune joueur, encore dépendant des anciens, il participe au financement de pot-de-vin sans même jouer le match. Il se dénoncera plus tard, sera condamné à une peine avec sursis et une amende. Il parlera de ce moment comme d’une leçon qu’il ne souhaite à aucun jeune joueur.


Lorsqu’il retourne à Berlin, Lucien Favre change sa vie :Tu joueras arrière droit.

Une idée folle, mais géniale. Trois ans plus tard, Kicker le classe meilleur arrière droit de Bundesliga. Deux fois de suite.


Personne au monde n’a une telle performance parmi les arrières droits - Jan Chmura

En 2010, il signe au Borussia Dortmund, où l’attend un entraîneur qui va transformer sa carrière : Jürgen Klopp.

Au BVB, il retrouve deux compatriotes : Jakub Błaszczykowski et Robert Lewandowski.

Le trio polonais va marquer une époque. Klopp les baptise “Bolek, Lolek et Lewy”. Le vestiaire l’adopte immédiatement, lui, le discret, le travailleur, le coureur infatigable.

Car sur le plan physique, Piszczek est un phénomène. Le professeur Jan Chmura, physiologiste renommé, n’en croit pas ses yeux en examinant les tests du joueur, il ira même jusqu’à affirmer que sur 25 mètres, départ debout, Piszczek pourrait devancer Usain Bolt.


Sous Klopp, il devient l’un des défenseurs les plus respectés d’Europe. Il remporte deux Bundesligas (2011, 2012), une Coupe d’Allemagne, une Supercoupe, et atteint la finale de Ligue des champions 2013. Après la défaite à Wembley, il pleure.... Pas seulement de déception : il joue depuis plus d’un an avec une douleur chronique à la hanche. Klopp dira :“Je ne connais presque personne capable de jouer à ce niveau avec une telle douleur.”

Il finira par se faire opérer, au risque de sa carrière. Mais il reviendra. Moins explosif, plus prudent, mais tout aussi indispensable.


credit: DeFodi Images - przegladsportowy.onet.pl


En sélection nationale, ses 66 apparitions s’étalent sur plus d’une décennie. Sous Adam Nawałka, il devient un leader naturel, un capitaine de l’ombre. Lors d’un scandale impliquant de l’alcool en 2014, ce sont Piszczek et Lewandowski qui convainquent le sélectionneur de régler l’affaire en interne, sans violences symboliques ni exclusions.

Avec la Pologne, il dispute les Euro 2008, 2012, 2016 et le Mondial 2018. Il marque son seul but international contre l’Ukraine en 2013.


Tu es assis dans le bus sans savoir ce qui se passe. Et différentes pensées te traversent l’esprit - Łukasz Piszczek

Le monde du football moderne récompense les transferts clinquants. Piszczek, lui, reste fidèle. Quand le Real Madrid s’intéresse à lui, que Mourinho envoie des signaux d’admiration, Dortmund lui propose un nouveau contrat. Il accepte sans hésiter. Il ne cherche pas le prestige, explique-t-il, il cherche la stabilité.

Et surtout, il n’oublie jamais Goczałkowice-Zdrój. Il y finance des équipements, soutient le club local, crée une fondation et une académie pour offrir aux enfants ce qu’il n’a jamais eu chez lui. On l’appelle en plaisantant “le président”. Depuis 2021, revenu en Pologne, il jouait même pour son club formateur, refermant symboliquement la boucle.


Il a connu les joies du football, mais aussi la peur pure. En 2017, avant un quart de finale contre Monaco, une bombe explose près du bus de Dortmund. Il est secoué, comme tous.

Côté amitiés, son lien le plus solide est avec Kuba Błaszczykowski, rencontré à 15 ans dans un internat de Zabrze. Ils traversent les victoires et les blessures, les clubs et les tournois ensemble. Lorsque Kuba quitte Dortmund, Piszczek écrit :“Toujours épaule contre épaule, où que nous soyons.”


credit: Kuba Atys - Wyborcza.pl


À 40 ans, il reste un exemple de professionnalisme. On le compare toujours à Antoni Szymanowski, autre grand arrière droit polonais. Le débat ne sera jamais vraiment clos.

Mais à Dortmund comme en équipe de Pologne, le jugement est unanime: Łukasz Piszczek est une légende, un symbole d’une époque dorée.


Avec ses 66 caps, ses titres multiples, sa finale de Ligue des champions, et une loyauté devenue rare, Łukasz Piszczek est l’un des plus grands défenseurs de l’histoire du football polonais.

Pas le plus bruyant, ni le plus médiatisé, mais peut-être celui qui a le plus laissé derrière lui: un héritage de travail, de constance et d’humilité.

La transition vers un rôle d’entraîneur était toute tracée, à lui maintenant d’accomplir le reste de son destin.

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